_edit_last - 1
_edit_lock - 1349860538:1
body rituals performance - body rituals performance

performancebody rituals performance February 23, 2005

Alain Rouèche – photographe / Assistés par / Bernard Garo – plasticien / collectif de la dernière tangente / danseuse / Eric Fischer – compositeur / et Mike Chanfreut – régisseur général / Frédéric Lombard – vidéaste / Genève / Mercredi 23 février 2005 / musicien / salle du Faubourg / Satchie Noro – chorégraphe / scénographe / «9 pictures from 99 body ritual tales»

D’après les idées originales et le concept de Bernard Garo.
L’artiste visuel Bernard Garo, peintre et scénographe reconnu, est investi depuis toujours par un goût immodéré pour la matière. Chercheur inconditionnel de textures nouvelles, il privilégie la vision multiple à l’unité, l’invisible au visible, la métamorphose à la stabilité, les périphéries au centre, parce que dans un agencement donné, une transposition originale, l’instabilité stimule et ouvre sur un regard nouveau, obligeant à la réflexion.
En 1998, un ami artiste de Limoges lui donne un échantillon de matière inconnue pour aiguiser sa curiosité. Une année plus tard, Garo met un point d’honneur à lui offrir la première œuvre réalisée avec ce produit, fruit d’une année de tâtonnements. C’est le point de départ de l’histoire de cette poudre, que l’artiste a utilisé de manière ponctuelle au début avant qu’elle ne prenne place systématiquement dans sa recherche picturale, pour en devenir une partie de son identité et la signature de son langage artistique. Très vite, ses toiles et ses installations deviennent tactiles, entièrement recouvertes de cette texture. L’artiste commence même petit à petit à dessiner sur son corps recouvert par cette matière volatile et envahissante.
C’est ainsi que Bernard Garo se décide à explorer la performance, comme un acte complémentaire à sa peinture. Dans ce contexte « Temps Morts » a été créé en 2003, puis présenté au théâtre de Vidy en 2004 et à Paris en 2005. Aujourd’hui l’artiste poursuit cette recherche en collaboration avec d’autres artistes en vue de réaliser de nouvelles performances et tenter ainsi d’aller jusqu’au bout des voies inexplorées de cette matière picturale.
Garo est avant tout un peintre de grands formats, il aime travailler aux limites de son corps et de l’espace avec des matériaux inédits. Il détourne et transforme les contraintes pour ouvrir des passages au cœur du sensible, avec une force expressive brute, révélant sur scène des tableaux vivants déroutants, miroirs de notre vie et de nos perceptions. En permanence à l’écoute du monde, il applique dans sa recherche, un regard critique et rigoureux sur ce qui l’environne, afin de saisir l’altérité. L’artiste s’interroge sur l’image et le langage du corps dans notre société, ainsi que celui des rituels, qu’il détourne et revisite avec un regard contemporain de plasticien.
La matière, l’espace, l’image
La poudre permet de composer des images éphémères, des états, en total contraste avec la nature profonde du matériau, la douceur. C’est une poudre textile industrielle issue de la technologie actuelle, appliquée principalement dans certains domaines industriels courants.
L’artiste aime détourner les matériaux pour se les approprier et décupler ainsi leur puissance évocatrice et visuelle en les transposant dans un cadre nouveau. La poudre de velours recouvrant ainsi le corps, tel un camouflage ou une seconde peau, nourrit les imaginaires; à la fois cendre et braise, charbon et tonner, poussière d’étoile ou pigments, elle évoque la violence et le sacrifice pour certains, la fragilité et la sensualité pour d’autres, terrifiante ou douce révélation du corps, elle ne laisse personne indifférent.
La performance: “9 pictures from 99 body ritual tales”
Bernard Garo propose une performance en collaboration avec la danseuse Satchie Noro. Le déroulement de la chorégraphie et de la scénographie sont définis par des critères de sens et d’émotion afin de faire voyager le spectateur dans un monde visuel et sonore profond, à la fois magique et proche, dur et beau, axé sur les rituels de notre civilisation.
Histoire
En 1735, un écossais du nom de Sean Mac Andrew, explorateur, aventurier et naturaliste qui avait coulé avec son navire au large des Philippines, fut recueilli par des tribus indigènes.
Fasciné par leurs comportements, il se mit en quête dans toute la région puis dans tout l’extrême orient, du langage rituel du corps, des scarifications et des tatouages. Ses notes, publiées après sa mort, furent longtemps considérées comme une référence ethnologique. Aujourd’hui, l’unique exemplaire restant peut être consulté à Edimburg. De par sa qualité, son objectivité et sa précision, cet ouvrage est l’unique témoignage décrivant 99 rituels différents d’un âge disparu.
Parti de ces récits, Bernard Garo vous fera voyager à travers l’histoire contemporaine de la relation de l’homme avec son corps.
Le corps
La première limite physique de l’homme avec le monde qui l’entoure est sa peau, c’est un terrain symbolique, universellement utilisé, favorable aux rituels initiatiques ou spirituels.
Le corps est un support riche en symboles au potentiel d’expression illimité. Il permet non seulement de jouer autour du rituel et du tatouage, mais aussi sur la séparation entre l’intérieur et l’extérieur, zone de transfert et d’échange entre la partie constitutive de son moi et l’extérieur, inconnu hostile.
L’artiste s’intéresse picturalement et philosophiquement à développer un propos et son opposé simultanément, afin d’utiliser la force des contraires, moteur dans l’art.
La notion de frontière la plus rapprochée : la peau, va de paire avec celle placée aux confins de soi, à la limite du corps culturel et physique, dans un espace par principe conditionné. Quelle est cette limite ? Est-elle éducationnelle, intellectuelle, émotionnelle, géographique, arbitraire, naturelle, politique, contraignante, sociale, visuelle ou imaginative ?
A la perception des frontières entre deux espaces ou zones tampons, le franchissement d’une limite ouvre implicitement sur une perception de pudeur et d’impudeur. Fragilité, mise à nu, métaphore de la création et de la peinture. C’est à cette métamorphose artistique et au franchissement de certains passages fictifs et symboliques que vous invite Bernard Garo.
C’est sur un corps recouvert d’une poudre mystérieuse, devenu support du dessin originel, corps duquel a émané la première trace de l’homme dans l’humanité et sur lequel se porte la dernière marque que l’artiste créateur devient le support de sa propre création.
Le pigment, l’eau et le bambou, sont trois éléments essentiels à la peinture de Bernard Garo. Ils sont ici détournés de leur application coutumière pour être appliqués à même la peau. L’artiste révèle et voile, il critique et accompagne l’homme dans la prise de conscience de son image. Il révèle les pulsions qui sommeillent au plus profond de l’être civilisé. Notre société complique cette vison avec des principes éloignant de plus en plus l’homme de sa naturalité, obligeant les plus sensibles à enfouir leurs désirs et leurs obsessions, leurs rêves et certaines réalités de notre vie que la performance de Bernard Garo va peut-être réveiller …
La performance de Bernard Garo comprend également la projection d’images, de vidéos et une exposition photo.

Le collectif de la dernière tangente
Le Collectif de la Dernière Tangente a été fondé à Paris en 2000, grâce à une performance du même nom, qu’ils ont joué dans le cadre du Festival des Arts dans la Rue de Châtillon. Les 4 membres fondateurs qui le constituent sont:
Bernard Garo, artiste visuel, plasticien et scénographe
Eric Fischer, compositeur et musicien
François Chattot, artiste dramatique
Dominique Brand, poète

Performances et installations déjà réalisées par le collectif
• «La dernière Tangente», Festival des Arts dans la Rue de Châtillon à Paris, performance interdisciplinaire, septembre 2000, (Chattot, Garo, Fischer )
• «Zapurbain», installation interdisciplinaire, Assens, mai 2001, (Brand, Fischer, Garo)
• «Domus Doma Dôme», Centre Culturel d’Assens, performance interdisciplinaire, mai 2001,
(Brand, Chattot, Garo, Fischer )
• «Pas sage», Palais de Rumine Lausanne, installation interdisciplinaire, mai 2002, (Brand, Garo, Fischer)
• «Temps Morts», performance interdisciplinaire (Brand, Chattot, Garo, Héritier, Lombard, Fischer), Festival des arts vivants – Nyon 2003, Théâtre de Vidy – Lausanne 2004, Scène nationale de Sénart – Paris 2005
• «9 pictures from 99 body ritual tales » performance interdisciplinaire autour du flocage, Artsens, Genève, février 2005, (Fischer, Garo, Noro)
Bernard Garo – peinture
www.garo.ch
Garo est né en 1964 à Genève. Artiste visuel, plasticien, diplômé de l’Ecole d’Art de Lausanne en 1989, il vit et travaille entre Paris, Nyon et Barcelone. Lauréat de plusieurs prix artistiques, Bernard Garo se consacre principalement à la peinture, mais explore aussi l’installation, la photographie, l’intervention dans l’architecture, l’expression textile, la gravure et les performances interdisciplinaires.
En 1999, il crée la première tapisserie recto – verso translucide de l’histoire textile d’Aubusson, avec des fils synthétiques issus de la technologie de pointe.
Il expose en Suisse, France, Allemagne, Espagne et Grèce depuis 1989 et est régulièrement représenté aux foires d’art de Bruxelles, Zurich et Wiesbaden. Ses oeuvres ont fait l’objet d’acquisitions publiques et privées en Europe comme aux Etats-Unis et au Canada. Acteur engagé dans son temps, il est également concepteur et commissaire d’expositions en Suisse. Il participe aussi depuis 1992, à de nombreux concours et interventions artistiques dans l’architecture. Entre 1998 – 1999, il séjourne un an à Barcelone, dans l’atelier de Tom Carr.
Entre 1999 et 2001, il se rend à plusieurs reprises à Berlin pour y développer sa recherche picturale.
Une monographie importante est sortie en 2002 sur l’artiste, aux éditions Benteli, 438 pages traduites en 4 langues « Garo, Barcelona – Basel – Berlin »
Dès 2003, il met sur pied un projet interdisciplinaire intitulé « Temps Morts » qui réunit sept créateurs de sept disciplines différentes. Il est présenté avec succès dans le cadre du Festival des arts vivants de Nyon et du Théâtre de Vidy à Lausanne ainsi que sur la scène nationale de Sénart à Paris. Depuis 2004, il se rend régulièrement à Alexandrie, Istanbul, Lisbonne et Reykjavik pour développer sa nouvelle recherche plastique et intellectuelle en lien avec ces villes de passages, zones limitrophes, frontières politiques de l’Europe, aux périphéries de notre culture, aux confins de notre connaissance.
Il amorce en 2005, avec de multiples expériences interdisciplinaires parallèles autour du flocage, une performance en tant que plasticien et scénographe, mêlant peinture danse et musique :
«9 pictures from 99 body ritual tales ».

Expositions : sélection depuis 2004
2004
- Genève (CH), Galerie Calart Actual, exposition personnelle
- Lausanne (CH) Centre de Recherche Nestlé, présentation personnelle,
- Rolle (CH), Galerie Art Contact, exposition collective
- Barcelona (E), Galeria Segovia Isaacs, exposition personnelle
- Art Bruxelles et Kunst Wiesbaden, représenté par la galerie Synopsis m, Lausanne
- Segovia – Madrid (E), Galeria Calart Actual, La Granja de San Ildefonso, exposition personnelle
- Nyon (CH), Paléo festival, installation monumentale pour le site
- Lausanne (CH) Théâtre de vidy, présentation personnelle et performance interdisciplinaire
- Kunst Zürich 04, représenté par la galerie Ute Barth, Zürich
2005
- Bruxelles (B), Galerie Faider exposition personnelle
- Lausanne (CH), Galerie Synopsis m, exposition personnelle
- Sénart –Paris (F), Scène nationale, performance Temps Morts et présentation personnelle.
2006
- Berne (CH), Galerie Brügger, exposition personnelle
- Bruges (B), Galerie ABC, exposition personnelle
- Zürich, (CH), Art Forum, Ute Barth, exposition personnelle
Quelques distinctions
1987, prix de dessin, BCV
1988, prix de xylographie, Ecole des Beaux-Arts
1989, prix de peinture, Edy Serex
1994, prix artistique de la Ville de Nyon
1996, prix coup de coeur Migros pour l’Art
1999, finaliste du prix FEMS peinture, de la Fondation de famille Sandoz
Publications et catalogues : sélection depuis 2002
2002, Lausanne catalogue BCV-Art
2002, Beauvais, catalogue du Festival International de la Tapisserie et des fibres textiles.
2002, Berne, monographie, Barcelone- Bâle,- Berlin, 438 pages, 700 images, textes traduits en 4 langues
2002, Paris, catalogue du Salon d’Automne.
2003, Lausanne, «La culture hygiénique»
2003, Berne, catalogue neuerscheinung 2003, Benteli Verlag, Kunst.
2003, Berne, catalogue Gesamtverzeichnis, Benteli Verlag AG, Kunst et dépliant Ausgewählte Kunst
2004, Lausanne Editions Antipodes, encres dans le livre Tangente du poète Dominique Brand
2005, Lausanne, publication, « Au delà du Sud », préambule au projet Alexandrie, Reykjavik, Istanbul, Lisbonne, aux éditions Scanwell et Antipodes
Satchie Noro – Danse
Satchie Noro est née en 1974 de père japonais et de mère française. Danseuse de formation classique, elle étudie avec Wilfride Piollet, Daniel Franck et Daini Kudo. En 1991, elle entre au Deutsch Opéra à Berlin. Entre 1991 et 1995, elle est interprète et chorégraphe de la compagnie Doorajar Dance & Theater, dirigée par Aari Damas à Berlin, Amsterdam et New York. Elle travaille ensuite avec plusieurs compagnies: Françoise Murcia, Andy Degroat, Mié Coquempot, Shiro Daïmon, Blanca Li. Elle côtoie aussi le théâtre avec la compagnie Michelle Heidorf. En 1999, Alain Rigout et Satchie Noro sont lauréats de la ville de Kujoyama à Kyoto. Elle crée plusieurs pièces avec Alain Rigout: “Et maintenant voici que c’est la nuit qui monte …” 1999 ” Vercors” pour les Iles de la danse édition 2000, “Le héron” sur un projet d’Annie Sellem, autour des fables de La Fontaine 2002. Depuis 2001, elle rencontre la conteuse Muriel Bloch sur des spectacles impromptus, alliant conte, musique, danse et cirque. Depuis 2002, elle pratique les arts du cirque auprès de Michel Nowak à l’école du cirque des noctambules de Nanterre. Elle est lauréate des jeunes talents du Cirque en 2004. En décembre 2004, elle crée sa nouvelle chorégraphie “Le cirque de Lola” au théâtre de Brétigny.

Eric Fischer – Musique
Eric Fischer, compositeur et musicien parisien, est né en France en 1961. Il est l’auteur de plus d’une centaine d’opus dont un grand nombre de musiques de scène. Entre 1988 et 1991, il dirige l’ensemble à cordes “ Antigone ” avec lequel il crée une partie de son œuvre concertante, cette forme lui étant spécifiquement inspirante (ex : “ Concerto pour marimba & orchestre ” 1987, éditions Notissimo / “ Les mélodies provisoires ” pour accordéon et orchestre 1991 / “ concerto n°3 ” pour saxophone soprano et orchestre à cordes, enregistré par J.P. Baraglioli et l’orchestre philharmonique de chambre de Lettonie 1998, CD Daphénéo 9802, éditions misterioso). Il fonde et dirige le collectif rock “ Adélaïde ” de 1976 à 2000. Depuis le début des années 80, il a signé une quarantaine de musiques de scène. Notamment depuis 1989, un parcours de fidélité réciproque avec le chorégraphe japonais Shiro Daïmon ; depuis 1996, un travail régulier avec la compagnie du Styx/Serge Noyelle, …
Sa musique de chambre est toujours un espace privilégié de rencontre avec les artistes qu’il admire, quels que soient leur instrument et l’univers stylistique dont ils sont issus. Eric Fischer a écrit pour Jacqueline Méfano, Richard Galliano, David Liebman, François Bou, Laurent Vieuble, Jean-Pierre Baraglioli, … Également saxophoniste et claviers, il a joué et/ou enregistré aux cotés de Steve Lacy, David Liebman, Sylvain Kassap, Hozan Yamamoto, Marc Ducret, Archie Shepp, … Le disque « Même si la lumière » est sorti en septembre 2002, aux éditions Daphénéo.